mardi 5 janvier 2021

Simon Goldberg (1923 -1944 )


Simon Goldberg
était membre du R.N.J au groupe 2 Bruxelles Brabant Wallon vraisemblablement depuis 1941. Il deviendra membre de la Direction Nationale du R.N.J. à partir du 19 janvier 1943. Il a été arrêté à Bruxelles par la Gestapo le 27 juillet 1943. Après quelques jours au "347 avenue Louise" il est transféré à la prison de Saint-Gilles, puis transféré « Nacht und Nebel » le 13 novembre 1943 avec un groupe de prisonniers.
Après une courte étape de deux jours à la prison de Essen ils arrivent à Esterwegen le 15 novembre et sont affectés à la baraque N° 6 le 16 novembre. Le 12 février 1944 ils sont transférés à Börgermoore où ils restent jusqu’au 13 mars 1944, date du retour à Esterwegen. Les 8 membres du Comité National du R.N.J. y reçoivent l’acte d’accusation du Volcksgericht début avril 1944 et ils restent à Esterwegen tandis que les autres prisonniers sont transférés vers l’intérieur de l’Allemagne quelques jours plus tard. Reconnu comme juif, Simon Goldberg n'eut plus le bénéfice d'un procès mais fut déporté à Auswitch. Selon l’Abbé Bourguignon, Simon Goldberg est mort par pendaison à DACHAU le 27/7/1943 ( date restant à confirmer?)
Quelques documents pour rappeler sa mémoire : _________________________________________________________ 1. L'Acte d'accusation établi par les Nazis Berlin, W.9. 28/2/44 L'avocat général du Tribunal du Peuple, Roger De Buyst, Fernand Lecocq, Jean Lagneau, Aimé Verneirt, Alfred Steux, Dieudonné Bourguignon, Simon Goldberg, Maurice Orcher Tous en vertu du mandat d'arrêt du 25 février 44 en prévention au camp de prisonniers punis VII à Esterwegen Papenberg (Emsland) J'accuse les accusés d'une aide régulière et commune à l'ennemi de guerre d’Allemagne. Les accusés se sont occupés comme responsables dirigeants d'une association de Jeunesse Communiste contre la force d'occupation allemande en territoire belge occupé, en partie depuis l'année 1940 jusqu'à leur arrestation. Dans cette activité ils se sont efforcés en particulier d'écarter des jeunes belges de la mise au travail en Allemagne. De ce fait, ils se sont mis en contravention avec les par. 9I B, 47, 93St ...... Goldberg (Nom de guerre: Fernand-Fréderic) Goldberg qui est juif, déménagea dans sa prime jeunesse avec ses parents de Varsovie à Bruxelles, y fréquenta les primaires et finalement l'école moyenne jusqu'en mai 1942.déjà en ce temps là il était recherché par les autorités allemandes d'occupation à cause de son activité politique secrète et se tint caché dés ce moment. En 1941, Goldberg fut recruté au communisme par une certain Delcroix et sur sa proposition s'enrôla comme membre du JGS. Il fut d'abord versé dans un groupe de trois à Bruxelles et s'occupa de la diffusion et réception du journal "Jeunesse Nouvelle". Goldberg reprit plus tard la direction d'une section jusqu'à qu'il vient en contact avec l'accusé De Buyst en automne 1942 par l'intermédiaire de sa sœur active également dans le JGS. Il fut appelé par De Buyst à la Direction nationale des JGS comme instructeur de quelques fédérations avec la mission de contrôler les fédérations dans leur travail et de leur transmettre les avis de la Fédération nationale. Il exerça son activité jusqu'à son arrestation. ......... Les accusés ont reconnu de plein accord les activités qui leur sont reprochées..........les accusés se sont rendus coupables d'aide à l'ennemi de guerre de l'Allemagne par leur conduite décrite dans cette acte d'accusation..... ........ Je demande, requiers, l'introduction de l'affaire devant le Tribunal du Peuple et la désignation d'un défenseur aux accusés. (Signé) Lautz

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2. Dans ses mémoires "J'ai eu de la chance c'est tout", Joseph Berman raconte ce que fut le parcours de Simon Goldberg
".... Parmi les responsables à l’échelon national du R.N.J., il y avait Simon Goldberg, qui était encore étudiant. Je ne le connaissais pas avant mon arrestation, je connaissais sa soeur Nina, une des dirigeantes de l’Unité, dont je parle au début de mon récit.
Nous avons sympathisé, il assistait avec nous à tous les séminaires. C’était un garçon d’une grande érudition pour son âge, intelligent et avide de s’instruire. En plus, il avait une belle voix. Je n’oublierai jamais comme il a chanté “ Le temps des cerises “, lors d’une des soirées que nous organisions. Nous avons tous été bouleversés jusqu’aux larmes par ce chant d’espoir. Je possède la photocopie de l’acte d’accusation, dressé par la Gestapo, qui comporte la liste des dirigeants nationaux du R.N.J.
L’abbé Bourguignon, seul survivant par miracle, de cette liste d’accusés, a remis cette copie à son retour de captivité à Henri Goldberg, le jeune frère de Simon. On y voit le nom de Simon Goldberg, barré sur la liste, sans autre commentaire. L’explication c’est que Simon Goldberg, étant Juif, a été jugé par les magistrats allemands indigne d’un procès. Il fut pendu à Dachau sans jugement. Par contre le dernier sur cette liste, Maurice Orcher, a été jugé et exécuté avec les autres, les Allemands ignoraient qu’il était Juif. Je m’en souviens très bien, c’était un solide garçon, de taille moyenne à peine plus âgé que moi, Juif Belge de vieille souche. Son frère était commissaire de police, nous avons souvent parlé ensemble, malgré qu’il était assez taiseux de nature.
Les huit hommes qui figurent sur cet acte d’accusation étaient les chefs importants du Rassemblement National de la Jeunesse, à qui la Gestapo a fait l’honneur d’un procès.

....... le retour le 7 mai 1945 :

Nous fûmes transportés à Bruxelles, dans le local de la J.O.C. près de la gare du Midi. Là, je fus interpellé par Nina Goldberg, qui était là avec sa mère, qui me demanda si j’avais vu son fils Simon.
Oui ! J’étais avec lui à Esterwegen jusqu’en avril 1944. Depuis, j’étais sans nouvelles. J’ai été envoyé d’un côté, lui d’un autre. Je n’ai jamais oublié le regard de cette mère , qui assistait au retour sain et sauf d’un compagnon de captivité de son fils . Son fils n’est pas revenu, il a été pendu à Dachau. J’ai toujours éprouvé un vague sentiment de culpabilité d’avoir survécu, alors que tant de mes amis ne sont pas rentrés. Pourquoi eux et pas moi ? Je n’y suis pour rien. “ J’ai eu de la chance, c’est tout ...” ________________________________________________________


samedi 12 décembre 2020

Franz Bridoux témoigne sur la vie au camp d'Esterwegen

Franz Bridoux alias Jean-Pol Normand
dans la clandestinité en 1943
Tout a commencé par un simple mail à l'auteur de ce blog.
" Bonjour, Je m’appelle franzbridoux@ . Membre du comité régional Mons-Borinage du R.N.J J’ai été arrêté avec le Comité National dont faisait partie Maurice Orcher avec Dieudonné Bourguignon,Jean Lagneau,… J’ai connu Maurice Orcher (Marcel) à la baraque 6 à Esterwegen. J’ai réunis pas mal de documents que je crois susceptibles de vous intéresser (entre autres un acte d’accusation pour le Volkgericht sur lequel figure notamment les reproches à Maurice Orcher. Ainsi que le bordereau de transfert en tant que N.N. Voulez vous me faire savoir si vous êtes intéressé , sans trop Tarder s.v.p. car j’ai 85 ans !!! et ma santé n’est pas brillante. Bien à vous Franz Bridoux."
La rencontre a eu lieu le matin 26 décembre 2008. Pendant cette matinée, Franz Bridoux a raconté son parcours de résistant et a beaucoup parlé de la vie au camp d'Esterwegen.
Franz Bridoux est né le 1er. janvier 1924 à Péruwelz ( Hainaut) de parents borains. De 1932 à 1935 Franz séjourne avec ses parents au Congo en pleine forêt équatoriale sans aucune possibilité de scolarisation. Sa mère décède au Congo fin 1934 et Franz revient fin 1935, il vivra au Borinage chez ses oncle et tante. Mobilisé avec les 16 à 35 ans. Il part rejoindre les Centres de Recrutement de l’Armée Belge en Gascogne où il va travailler dans une ferme jusqu’au moment de son rapatriement fin août 1940. Il reprend ses études secondaires et très sportif entreprend une formation de prof. de gymnastique.
En 1941, il s’engage dans l’organisation de résistance le "Rassemblement National de la Jeunesse R.N.J" -section jeunes du Front de l’Indépendance – F.I. Très actif comme agent recruteur et organisateur il crée plusieurs sections locales du R.N.J. Il abandonne ses études et se fait engager comme ouvrier manœuvre à la Sté Carbochimique à Tertre pour y créer une section du R.N.J.
En mars 1943 il est convoqué pour le Service du Travail Obligatoire en Allemagne le S.T.O. "Réfractaire" , il passe dans la clandestinité et devient Responsable des cadres de la régionale Mons-Borinage du R.N.J. et agent de liaison avec les autres organisations de résistance : F.I. – P.A. – A.S., …
En juillet 1943, devient « Partisans Armés » mais est arrêté par la Gestapo de Bruxelles le 3 août 1943 dans une série d’arrestations en cascade. Bref séjour pour interrogatoires « musclés » au siège de la Gestapo 347 avenue Louise à Bruxelles.

Graffitis sur les murs du 347 av. Louise

RNJ et au dessus FB (Franz Bridoux)
Puis, 3 mois à la prison de Saint-Gilles et départ en Allemagne comme Nacht und Nebel le 12 novembre 1943, arrivée à Esterwegen le 16 novembre à la baraque 6.

Entrée monumentale du Camp d'Esterwegen

A la barraque 6, il trouve des dirigeants nationaux et régionaux du RNJ, des Francs-maçons, des socialistes, des catholiques, auxquels se joindront aussi par la suite des prisonniers français membres des FTPF (francs-tireurs partisans français) du Nord Pas-de-Calais. Trois autres R.N.J. (le président national l’Abbé Bourguignon, et les deux régionaux André Volcke et Robert Wolstayn sont à la baraque 5.

Il s'agit là de simples baraques en bois divisées en zones: le réfectoire, le dortoir et les sanitaires.

Au sein de la baraque 6, les groupes se reconstituent et la vie s'organise autour de grandes tables. Le travail y est inutile et humiliant, on trie des douilles que les allemands mélangent à nouveau le soir. La nourriture est insuffisante et les prisonniers perdent 5 kg par mois.

Les tables s'organisent en groupes J (pour les RNJ), K (pour Catholiques), S (pour socialistes), et les Francs -maçons. A la table 5 par exemple, siégeait Franz Bridoux, à la table 2, Maurice Orcher et Roger Debuyst.

Franz n’a pas 20 ans et n’a aucune information concernant la franc-maçonnerie. Pourtant il sera rapidement en très bonnes relations avec les Franc-Maçons qui partagent la table 3 avec ses compagnons du Comité National du R.N.J. dont Jean Lagneau, ami de longue date du résistant Ju*f -communiste et franc-maçon Luc Somerhausen.

Fin avril 1944, Franz et trois autres dirigeants régionaux du R.N.J. : Joseph Berman, Marius et Marcel Cauvain sont transférés à la prison de Ichtershausen (Thuringe). Début avril 1945, évacuation et « marche de la mort » vers les montages de la Haute Silésie.
Ils s’évaderont ensemble à Posneck à PÖSNECK le 11avril 1945 et seront libérés par l’armée américaine le 15 avril. Rapatriement par avion le 7 mai 1945.

Franz Bridoux à sa libération en 1945

lundi 25 juin 2012

Pavé de mémoire au nom de Maurice Orcher




Le dimanche 24 juin 2012, a été apposé sur le trottoir au 31 rue Verhas à Bruxelles,   le pavé de mémoire au nom de Maurice Orcher, en présence de l'artiste allemand Gunther Demnig et de membres de la famille de Maurice Orcher.


jeudi 21 mai 2009

Cérémonie Stolpersteine - Jacques Zimmerman 13 mai 2009

A 14h30, 37 rue du Lavoir à Bruxelles, inauguration du pavé de mémoire en souvenir de Itzic (Jancou) - dit Jacques - Zimmerman
En présence de son fils Gabriel Zimmerman, de sa belle-fille Mireille Zimmerman-Karolinski et de ses petits-fils Serge Zimmerman, Ariel Zimmerman et Ishaï Dagane..
Interventions :
Freddy Thielemans, bourgmestre de Bruxelles.
Francis Delpérée, sénateur CDH
Viviane Teitelbaum, députée régionale bruxelloise MR
Diane Culer, présidente du Cercle Ben Gourion
Albert Dahan, Rabbin
Joost Loncin, journaliste spécialiste de l'histoire des Juifs des Marolles

Cérémonie Stolpersteine E et S Karolinski - 13 mai 2009

Discours prononcé par Mireille Karolinski-Zimmerman ce mercredi 13 mai 2009,
devant le 40 rue Vondel à Schaerbeek.
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PAPA, MAMAN, JE NE VOUS AI PAS VU VIEILLIR ET ME VOILÀ PLUS VIEILLE QUE VOUS, VOUS ETIEZ JEUNES BEAUX ET COURAGEUX ET C’EST AINSI QUE JE VOUS GARDE EN MEMOIRE.

AUJOURD’HUI, VOS PETITS-ENFANTS SONT PLUS AGES QUE VOUS NE L’ETIEZ, VOUS AVIEZ 30 ET 34 ANS.

MAMAN, TU AS QUITTE VITEBSK A L’AGE D’UN AN AVEC TES PARENTS, TON FRÈRE ET TES SOEURS, APRÈS UN POGROM, POUR REJOINDRE LE FRÈRE DE GRAND- PÈRE, DÉJÀ INSTALLE A BRUXELLES.

TU AS GRANDI A ANDERLECHT ET TU Y AS FAIT TES ÉTUDES A L'ÉCOLE MARIUS RENARD.

EN 1928, TU OBTINS LA NATIONALITÉ BELGE AINSI QUE GRAND PÈRE, TES FRÈRES ET SŒURS PAR DÉCRET DU ROI ALBERT I.

APRÈS TES ÉTUDES, TU FUS ENGAGÉE COMME ÉTALAGISTE A L’INNOVATION OU TU TE FIS REMARQUER PAR TON TRAVAIL RAFFINE ET ÉLÉGANT, MAIS TU ÉTAIS TOI-MÊME TOUJOURS ÉLÉGANTE ET RAFFINÉE, TON AMIE DE CETTE éPOQUE ME LE RACONTA BIEN PLUS TARD AVEC BEAUCOUP D'ÉMOTION.

PAPA, A L’AGE DE 16 ANS, EN 1924 TU QUITTAIS VARSOVIE AVEC GRAND-PERE POUR LA BELGIQUE, CAR TU NE VOULAIS PAS DEVOIR FAIRE TON SERVICE MILITAIRE DANS L’ARMéE POLONAISE.

TU ÉTAIS L’AINE DE CINQ ENFANTS, VOUS AVEZ TROUVE DU TRAVAIL ET UN LOGEMENT A ANDERLECHT, GRAND-MÈRE VINT VOUS REJOINDRE AVEC LES AUTRES ENFANTS.

TU ÉPOUSA MAMAN EN 1935. JE NAQUIS EN 1937, DEJA A CETTE ÉPOQUE TU DEVINS UN NÉGOCIANT EN SOIERIES LYONNAISES ET TU VENDAIS DES GANTS DE CUIR, TU AVAIS LE SENS DES RESPONSABILITÉS FAMILIALES ET CHACUN DE TES PROCHES POUVAIT COMPTER SUR TA GRANDE GÉNÉROSITÉ. TU ÉTAIS BIEN SOUVENT SOLLICITE ET TU NE REFUSAIS PAS TON AIDE.

66 ANS APRÈS VOTRE EXTERMINATION, EN COMPULSANT PAR LE PLUS GRAND DES HASARDS. CE 27 DÉCEMBRE 2008, LE LIVRE DES MÉMOIRES DES 9 RÉSISTANTS « NACHT UND NEBEL » REVENUS MIRACULEUSEMENT DE L’ENFER NAZI, QUELLE NE FUT PAS MA STUPEUR DE LIRE UN TEXTE VOUS MENTIONNANT COMME RÉSISTANTS, BOULEVERSÉE, JE DUS RELIRE LE TEXTE A PLUSIEURS REPRISES MES YEUX ÉTAIENT INONDES DE LARMES, JE NE PARVENAIS PAS A CROIRE CE QUE JE LISAIS: JE N’AVAIS RIEN SU DURANT TOUTES CES ANNÉES.

VOTRE DOMICILE, AU DEBUT DE LA SHOA, ETAIT UN LIEU DE RÉUNION ET LA BOITE AUX LETTRES DE L’ORGANISATION BELGE DE L’ARMEE DES

PARTISANS, VOUS Y AVIEZ INSTALLE UNE PRESSE CLANDESTINE.

DÉNONCÉS ET POUR VOS ACTIVITÉS CLANDESTINES ET EN TANT QUE JUIFS, VOUS ÉTIEZ ARRÊTÉS LE 15 AOUT 1942 AU PETIT MATIN, VOUS AVEZ ESSAYE DE VOUS ENFUIR PAR VOTRE JARDIN VERS LE JARDIN DES VOISINS MAIS CEUX-CI VOUS MIRENT DEHORS ENTRE LES MAINS DE LA GESTAPO.

VOUS ETES PARTIS DE MALINES AVEC LE 4èmeCONVOI LE 18 AOUT 1942, MATRICULES 555 ET 556, LE SEUL CONVOI OU PERSONNE NE REVINT.

LE 20 AOUT 1942, A TON ARRIVÉE, MAMAN, TU FUS ASSASSINÉE ET DISPARAISSAIS EN FUMEEA AUSCHWITZ.

TOI PAPA, TU SURVÉCUS JUSQU’AU 25 SEPTEMBRE 1942. CE JOUR-LA, TU PRIS LA DEFENSE D’UN PRISONNIER BATTU PAR UN SS QUE TU FRAPPAS.

PAR TON COURAGE ET TA GÉNÉROSITÉ TU Y PERDIS LA VIE, SUCCOMBANT AUX COUPS MORTELS ASSENÉS EN REPRÉSAILLES PAR TES BOURREAUX.


MAMAN, TON JEUNE FRERE MAURICE, HÉROS DE LA RÉSISTANCE FUT TRAHI EN 1943 IL FUT Décapité A MUNICH, LE 27 OCTOBRE 1944.

PAPA, TA PETITE SŒUR SARAH ÂGÉE DE 19 ANS QUE TU AS VU PARTIR AVEC LE PREMIER CONVOI DU 4 AOUT 1942, N’EST PAS REVENUE.

TES PARENTS, MES GRANDS-PARENTS, NISEN ET TAUBA QUE TU N’AS PAS EU LE TEMPS DE FAIRE PASSER EN SUISSE ONT ETE TRANSPORTES PAR LE 21ème CONVOI JUSQU'À AUSCHWITZ AVEC UN ALLER-SIMPLE.

TON FRERE GUSTAVE, PARTI AVEC LE 20ème CONVOI NE SURVECUT PAS ET MOURUT DANS LA MARCHE DE LA MORT.

SEUL, TON FRÈRE ALBERT EST UN MIRACULÉ D’AUSCHWITZ ET DE DACHAU.

PAPA, MAMAN, JE VOULAIS VOUS DIRE QUE J’AI AUSSI RÉGLÉ VOTRE DERNIÈRE FACTURE DE TÉLÉPHONE QUI M’A ÉTÉ PRÉSENTÉE EN 1962 CAR VOUS ÉTIEZ SUR LA LISTE NOIRE DES MAUVAIS PAYEURS, DE LA RÉGIE DES TÉLÉPHONES ET TÉLÉGRAPHES DE LA RUE DES PALAIS. J’AI EXPLIQUE AU FONCTIONNAIRE DE SERVICE QUE LES CIRCONSTANCES DU RETARD DE CE PAIEMENT ÉTAIENT DU AU FAIT QUE LA GESTAPO NE VOUS EN A PAS Laissé LE TEMPS DE LA RÉGLER. JE POSSÈDE JUSQU'À CE JOUR LE RÉCÉPISSÉ.

PAPA MAMAN NOUS HONORONS VOTRE MÉMOIRE AUJOURD'HUI , DEUX PAVES DE MÉMOIRE SONT ENCHÂSSÉS DEVANT VOTRE HABITATION, VOUS VOILÀ RÉUNIS ENFIN APRÈS 67 ANNées.

JE SUIS VIVANTE CAR VOUS M’AVEZ SAUVÉE ET PROTÉGÉE EN ME CACHANT CHEZ ÉMILE ET HERMINIE VAN BELLE A VIANE-MOERBEKE, J’Y SUIS RESTÉE JUSQUE DÉBUT DE L’ANNEE 1945, LE RESTE DE MON ENFANCE ET MON ADOLESCENCE, JE NE VOUS LA RACONTERAI PAS CAR C’EST UNE AUTRE HISTOIRE.

SACHEZ QUE VOUS AVEZ 2 PETITS-FILS, SERGE ET ARIEL ET UNE PETITE-FILLE, YAEL, TOUS MARIES, CINQ ARRIÈRE-PETITS ENFANTS, ILS SONT TOUS MAGNIFIQUES, C’EST NOTRE FIERTÉ.

ILS SONT VOTRE ET NOTRE VICTOIRE SUR LA BARBARIE NAZIE.

JE VOUS AIME ET VOUS PORTE SUR MON CŒUR CHAQUE JOUR DE MA VIE.

QUE VOS NOMS SOIENT BÉNIS ET NE PÉRISSENT JAMAIS!

JE VOUDRAIS REMERCIER L’ASSOCIATION POUR LA MÉMOIRE DE LA SHOA ET TOUT PARTICULIÈREMENT LE DR . ERIC PICARD POUR SON INDÉFECTIBLE SOUTIEN A NOUS AIDER A RÉALISER AUJOURD'HUI CES CÉRÉMONIES DES PAVES DE LA MÉMOIRE.

MERCI A VOUS TOUS, AMIS D’HIER ET D’AUJOURD'HUI POUR VOTRE PRÉSENCE ET VOTRE AMITIÉ.




mercredi 6 mai 2009

Les pavés de la mémoire - Salomon Karolinski - Elisabeth Orcher


Les pavés de mémoire sont des petits cubes de laiton placés par l'artiste allemand Günter Demnig en mémoire des victimes du nazisme, devant les maisons où ils ont habité, avant d'être déportés pour être assassinés. Le 13 mai 2009 les premiers pavés de mémoire seront placés en Belgique.


Mireille Karolinski, leur fille
Gabriel Zimmerman, leur beau-fils
Serge, Yaël et Ariel, leurs petits-enfants

L'Association pour la Mémoire de la Shoah
Bernard Clerfayt, bourgmestre de Schaerbeek
Christine Smeysters, échevin des travaux publics et de la mobilité de Schaerbeek

vous convient

Mercredi 13 mai à 17 heures, 40 rue Vondel, à Schaerbeek

à assister à la cérémonie d'inauguration des
Pavés de Mémoire


Deux pavés seront placés à la mémoire de Salomon Karolinski et Elisabeth Orcher-Karolinski

Réponse et informations :
Mireille Karolinski, Rue Roberts Jones, 6 1180 Bruxelles, 0478 361717


Salomon Karolinski, Résistant, né en 1908, arrêté le 15.8.1942. Détenu à Malines. Déporté le 18.8.1942
à Auschwitz. Assassiné le 25.9.1942


Elisabeth Orcher – Karolinski, Résistante, née en 1912, arrêtée le 15.8.1942. Détenue à Malines. Déportée le 18.8.1942 à Auschwitz. Assassinée le 20.8.1942


Liens et sites à visiter

Pavés de la mémoire - communiqué du CCOJB
Les pavés de l'artiste Gunter Demnig




dimanche 19 avril 2009

Marius CAUVAIN "Pierre"


Marcel et Marius (à droite) Cauvain en1946


Marius Cauvain "Pierre" est né à Wasmüel (Borinage, Belgique) le 20 mai 1924. En 1936, il quitte l'école communale de Wasmüel et commence des études à l'École Professionnelle à Hornu (Belgique).

En mai 1940, dés les premiers jours de l'invasion allemande, il répond à l'appel de mobilisation des 16 à 35 ans et avec Franz Bridoux, ils partent rejoindre le Centre de Recrutement de l'Armée Belge. Embarqués en train à la gare de Péruwelz en Hainault, ils arrivent à Tournai où le train reste à quai tandis que la gare subit un violent bombardement. Le train repart pour un périple de plusieurs jours à travers la France pour aboutir à Toulouse où ils sont retenus au Centre Sportif Municipal avec milliers d'autres évacués. Après une quinzaine de jours, ils sont tous les deux volontaires pour le travail dans les fermes et se retrouvent dans le petit village de Maravat à 25 km d'Auch dans le Gers. Début septembre 1940, ils rapatriés en Belgique.

Fin 1941, Marius Cauvain travaille à l'usine Canon-Legrand (Jemappes, Belgique) et suit les cours du soir de L'École Industrielle de Quaregnon.

En octobre 1941, il est recruté à la section locale du RNJ de Wasmüel avec son frère Marcel Cauvain et Franz Bridoux. Il participe également à une section du RNJ Canon-Legrand.

A l'usine Canon-Legrand qui travaille comme bien d'autres au service des Allemands, Marius organise des actions de sabotage du matériel ferroviaire destiné aux Allemands. Avec Marcel et Franz ils diffusent les mots d'ordre de la résistance, par des badigeonnages des murs et la distribution de tracts. Ils sont aussi actifs dans le recrutement des nouveaux membres qui refusent de répondre aux convocations du Service du Travail Obligatoire (STO).

En juin 1943, Marius refuse de rejoindre le STO en Allemagne et passe dans la clandestinité pour devenir responsable "Agitation -Propagande" au Comité Régional de Mons Borinage du RNJ.

En janvier 1943, il est arrêté au Château de l'Aulnois à Ghlin en même temps que Marcel Cauvain et Franz Bridoux. Ils vont rester ensemble en captivité du siège de la Gestapo (avenue Louise), à la prison de Saint-Gilles, puis à celle d'Essen, aux camp de Börgermoor et d'Esterwegen et à Ichtershausen.

Avec son frère, Joseph Berman et Franz Bridoux, ils seront les quatre premiers à s'évader des "marches de la mort" à Pösneck le 12 avril 1945. Ils sont rapatriés ensemble en Belgique le 7 mai 1945.




"Les Mousquetaires" au Château de Beloeil en 1994.
De gauche à droite Joseph Berman(Fred), Marcel Cauvain (Max), Marius Cauvain(Pierre) et Franz Bridoux (Jean)